Un film et une œuvre classique ont plus d’un point commun: ils forment un tout, comportent un début, une fin et, entre les deux, c’est l’intrigue, avec ses tensions et ses relâchements. La musique romantique tout particulièrement a su développer ce caractère aventureux et explorer toutes les facettes d’une existence dont l’homme est le héros. Le cinéma, qui reporte le vécu à l’écran, ne pourra l’ignorer; il lui suffira de puiser dans ce formidable réservoir d’expériences et d’émotions que constitue le répertoire classique. Il finit même par en assimiler la technique et les matériaux pour développer un langage propre. Celui-ci, tout compte fait, n’était-il pas déjà latent dans le poème symphonique et les œuvres dites « à programme », sortes de bandes-son, avant la lettre, de l’imaginaire?